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Airbus fait le choix de la géothermie pour son nouveau siège

Depuis un an, les 36 000 m2 de bâtiments du nouveau siège d’Airbus Group, à Blagnac, sont chauffés et climatisés grâce à des ressources géothermiques. Retour sur un projet ambitieux aux résultats exemplaires avec Anne Simon-Barquero, Energy Manager France chez Airbus.

Le projet en bref

Le nouveau siège social d’Airbus Group sur le site de Blagnac (31) comprend deux bâtiments de 12 000 m2 et 19 574 m2 ainsi qu’un restaurant inter-entreprises de 4 400 m2 sur un site de 5 hectares. Afin d’alimenter le site en énergie, Airbus Group a opté pour une installation de PAC géothermiques décentralisées sur boucle d’eau tempérée couplée à un champ de 141 sondes géothermiques verticales de 205 mètres de profondeur. L’ensemble produit 2MW de chauffage et 1 MW de climatisation pour l’ensemble des bâtiments.

 

OverView : Quels étaient les enjeux associés à ce projet pour Airbus Group ? 

Anne Simon-Barquero : Lorsque nous avons lancé le projet du siège d’Airbus Group, nous voulions une solution qui soit le plus pérenne possible du point de vue énergétique. Nous avons fait réaliser une étude de schéma directeur de l’ensemble du site et la géothermie est apparue commune option intéressante, car elle répondait bien à nos besoins en chauffage et en rafraîchissement tout en garantissant un bon niveau de performance énergétique. Une étude de faisabilité a alors été programmée. Ses résultats ont montré que nous pouvions couvrir tous les besoins du site et réaliser d’importantes économies de CO2. Nous nous sommes lancés, convaincus par le potentiel de cette énergie renouvelable pérenne, locale et stable.

 

OverView : Quels sont été les apports de votre partenaire ingénieriste en phase d’études ?

Anne Simon-Barquero : Nous avons travaillé avec la société BURGEAP pour l’étude de faisabilité et les études de maîtrise d’œuvre. Lors de la première phase, BURGEAP a réalisé des simulations thermiques dynamiques pour appréhender les besoins frigorifiques et thermiques des bâtiments. Lors de la seconde phase, leurs équipes ont prouvé leur compétence technique mais aussi leur grande expérience du terrain, ce qui s’est avéré précieux pour éviter les pièges sur la surface mise en œuvre. Nous avons aussi apprécié leur pragmatisme : usuellement, les installations sont surdimensionnées par mesure de sécurité ; mais BURGEAP a tout dimensionné au plus juste – une stratégie plus risquée, mais payante au final. Enfin, les estimations financières de BURGEAP se sont avérées exactes.

 

OverView : Quelles solutions innovantes ont pu être déployées sur ce projet ?

Anne Simon-Barquero : D’abord, nous avons fait réaliser 29 km de forages en une seule tranche de travaux, ce qui est tout à fait exceptionnel sur ce type de projet. Ensuite, une boucle d’eau tempérée a été mise en place sur le champ de sondes verticales, ce qui permet de mutualiser les besoins énergétiques entre les bâtiments. Cette solution améliore le rendement des pompes à chaleur dans un contexte d’appels de puissance variables. Mise au point par BURGEAP et baptisée Géo Smart City®, cette technologie nous a ainsi permis d’obtenir une subvention de l’ADEME au titre de Nouvelle Technologie Émergente (NTE). Enfin, notre siège bénéficie d’une régulation énergétique sur mesure, conçue par les entreprises Mino et Waterkotte. Tous les scénarios, en fonction des saisons, ont été imaginés afin d’ajuster à tout moment la production d’énergie en fonction des besoins des bâtiments.

 

OverView : En termes d’organisation, une approche spécifique a-t-elle été mise en œuvre sur ce projet ?

Anne Simon-Barquero : Nous avons souhaité que l’expertise géothermie soit gérée au sein de l’équipe Conception en phase de maîtrise d’œuvre. Au lieu d’avoir une organisation avec deux lots différents : les sondes et collecteurs pour le sous-sol et d’autre part la production avec les pompes à chaleur, stockages, régulation, BURGEAP nous a proposé une organisation groupée, avec un seul interlocuteur, qui a fait toute la différence, en réduisant les interfaces et optimisant la conception. Leurs équipes ont par ailleurs consacré beaucoup de leur temps à la sensibilisation des entreprises de travaux en charge des installations secondaires de chauffage et climatisation dans les bâtiments, car la géothermie est une expertise encore peu connue.

 

OverView : Un an après, quels sont les résultats enregistrés sur cette opération ?

Anne Simon-Barquero : Nous sommes très satisfaits. En termes de rendement, les résultats sont largement au-dessus de ce qui était attendu – quasiment le double des chiffres établis dans notre convention de financement avec l’ADEME. Le SCOP annuel (COefficient de Performance Saisonnier pour le chauffage) est de 6.6) et le SEEr annuel (Coefficient de Performance Saisonnier pour la climatisation ou l’l’efficacité frigorifique saisonnière) s’élève à 7.8. Nous sommes donc agréablement surpris, nous avons même parfois du mal à croire que les résultats soient si bons !

 

OverView : Quelle est la valeur ajoutée d’une ingénierie comme celle-ci sur ce type de projet d’après vous ? 

Anne Simon-Barquero : Je dirais d’abord la polyvalence, car leurs équipes nous ont accompagnés sur l’ensemble de la chaîne, des simulations dynamiques à la conception des installations et au suivi de chantier. Ensuite, leur grande expérience en termes d’installations géothermiques nous a permis de rassurer l’ensemble des intervenants. Enfin, je voudrais souligner leur pragmatisme et leur persévérance. Car les qualités humaines comptent aussi beaucoup sur ce type de projet. Nous avons par exemple rencontré des soucis lors de la phase de forage et BURGEAP était là en support pour les résoudre. Cela change tout de travailler avec des gens passionnés !

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