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Le nouveau visage des villes françaises

Nos villes évoluent et elles évoluent vite. Depuis le début des années 2000, la fabrique de la ville a changé avec une accélération de cette mutation depuis 5 ans. Aujourd’hui se côtoient des aménagements conservant un schéma traditionnel, existant depuis l’après seconde guerre mondiale, à des quartiers beaucoup plus diversifiés dans leur conception mais aussi dans leurs usages et circulations. Trois grandes tendances laissent à penser que ce changement est structurel ; qu’il va se développer et s’accentuer. Décryptage.

La mixité au cœur de la ville

Pendant décennies, les politiques d’aménagement urbain ont plus ou moins volontairement cloisonné les principales fonctions d’une ville : le quartier d’affaires, la zone commerçante, la zone industrielle, la zone de logements et le secteur de la gare longtemps figure repoussoir de la ville. Et à l’intérieur de chacune se segmentaient des quartiers spécifiques. Aujourd’hui, la ville devient plus mixte et intègre chaque zone au coeur du quartier pour réinstaurer la proximité. Le développement de l’intermodalité a replacé la gare au centre des espaces économiques et de vie. La désindustrialisation rend de nouveau disponible des espaces que la ville se réapproprie suivant des dynamiques de transformation fortement dépendantes des contextes économiques locaux et du passif environnemental des anciennes activités.

Une ville de plus en plus durable

La prise en compte du changement climatique et de la restauration de la santé publique amène à considérer davantage la politique environnementale urbaine, en passant entre autre, par la performance thermique des bâtiments neufs mais aussi existants (fort enjeux de la rénovation thermique) et par la mise en oeuvre de solutions énergétiques renouvelables. Ces dernières ciblent en particulier les réseaux de chaleurs à forte teneurs en ENR, la géothermie et le photovoltaïque, qui avec l’abaissement des coûts de production d’énergie en-dessous du prix de l’électricité conventionnelle connaissent un redémarrage important.
La durabilité des villes c’est aussi la question des transports avec la disparition annoncée des véhicules thermiques dans les métropoles (en France mais aussi en Europe) à un horizon de 15 à 20 ans. Dans le même temps, des changements d’usages s’opèrent avec une demande grandissante des habitants pour la mobilité urbaine via notamment les transports doux et une explosion des transports partagés (vélos, scooter, voitures, etc.). Cette tendance de fond confirme un développement très rapide de l’économie du service.

De nouveaux acteurs

Cette transformation urbaine s’accompagne aussi d’un glissement de responsabilités. Les nouvelles formes de la ville laissent davantage de place au secteur privé pour assurer le rôle d’aménageur urbain, là où les collectivités l’assumaient hier. Cette délégation de l’aménagement donne une véritable autonomie et une responsabilité nouvelle aux acteurs semi-publics et privés. Les collectivités définissent des exigences fonctionnelles du quartier et sélectionnent ensuite les acteurs de cette transformation sur la base d’appels à projet. Par exemple : atteindre les 50% de volume d’énergie renouvelable dans un quartier. L’aménageur devra respecter cet objectif en ayant une liberté dans les solutions employées. Ceci est parfaitement par la conduite de projets tels que « Réinventer Paris » ou « Inventons la Métropole de Paris » et par le biais de concours d’aménagement comme Euratlantique, Euromed ou Nice Meridia.

Des espaces de l’usage et du service

Plusieurs raisons motivent cette mutation de la ville. La première est temporelle. Les collectivités cherchent à raccourcir la durée du cycle de production et du renouvellement urbain. L’appel à des aménageurs privés permet de recentrer les collectivités sur d’autres actions territoriales, comme les transports. La seconde est financière. L’aménagement du territoire nécessite de lourds investissements dans la durée (15 à 20 ans) qui ne seront rentabilisés qu’à long terme. En couplant aménagement et promotion, ce temps de retour se trouve réduit et les collectivités ont, par la même occasion, transféré leur capacité d’investissement (qui s’est réduite) sur d’autres domaines prioritaires.

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