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Radon : gérer au mieux le risque de ce gaz

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Le radon dans le tableau périodique
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Aujourd’hui, personne n’ignore la dangerosité de l’amiante et du plomb. Ces substances présentes dans les matériaux de certains bâtiments sont extrêmement nocives pour la santé. Mais depuis quelques temps, nous entendons de plus en plus parler du radon. Mais alors qu’est-ce que le radon ? Comment s’introduit-il dans nos bâtiments ? Le radon est-il dangereux ? Peut-on le mettre en évidence et comment s’en débarrasser ? Autant de questions auxquelles nous allons répondre dans cet article.

Qu’est-ce que le radon ?

Le radon est un gaz radioactif naturel présent dans le sol, qui peut pénétrer dans les bâtiments. Il est naturellement produit à partir de la désintégration de l’uranium et du radium qui se trouvent dans les sols. Il est inodore, incolore, ce qui le rend indétectable sans mesure spécifique. Le radon est présent dans l’environnement naturel, mais lorsqu’il migre et se concentre dans les espaces clos, il devient potentiellement dangereux pour la santé.

Quelles sont les voies d’entrée du radon dans un bâtiment ?

Le radon étant un gaz, il est en mesure de pénétrer dans les bâtiments de multiples façons. Il peut provenir des sols en dessous du bâtiment et/ou à travers les murs des caves et/ou niveaux enterrés mais également des matériaux de construction (granitique par exemple). Le radon migre vers les environnements intérieurs par l’ensemble des voies préférentielles que sont les fissures, les passages de réseaux (eau, gaz, électricité), etc. La présence de gaines techniques, puits canadien ou autres espaces peut également constituer des voies de transferts privilégiées.

Les mécanismes conduisant à la migration de ce gaz sont associés à la diffusion et à la dépression du bâtiment. Cette dépression est induite en majeure partie par le chauffage et potentiellement par les systèmes de ventilation en présence.

Pourquoi le radon est-il dangereux pour la santé ?

Le radon, reconnu cancérogène certain pour l’homme depuis 1987 par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer), est la principale source d’exposition aux rayonnements ionisants et constitue le second facteur de risque de cancer du poumon après le tabagisme (WHO handbook on indoor radon: a public health perspective, 2009).   

Dans les poumons, le gaz se désintègre en particules radioactives qui émettent des rayonnements alpha. Ceux-ci touchent les tissus pulmonaires et peuvent entraîner le développement d’un cancer du poumon. Le risque, cependant, dépend du temps d’exposition et des teneurs en radon.

Quelle réglementation en France ?

Plusieurs textes réglementaires existent concernant le radon, il faut citer en particulier le décret n°2018-434 du 4 juin 2018 qui transpose la directive européenne 2013/59/EURATOM1. Il apporte de nombreuses avancées dans le domaine de la radioprotection et de la sécurité : il fixe le seuil de gestion à 300 Bq/m3, élargit la surveillance des ERP et crée une information des acquéreurs et locataires dans les zones à potentiel radon significatif.

Radon en France : où se concentre-t-il ?

C’est principalement dans le massif central, la Bretagne, les Vosges, les Pyrénées, les Alpes et la Corse que se trouve le radon en lien avec les formations géologiques en présence dans ces régions.

L’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) et l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) ont, sur la base de ces critères géologiques et de données de terrain, sectorisé le territoire français en fonction du potentiel radon (article R. 1333-29 du Code de la santé publique)

  • zone 1 : à potentiel radon faible, 
  • zone 2 : à potentiel radon faible, mais sur lesquelles des facteurs géologiques particuliers peuvent favoriser le transfert du radon vers les bâtiments,
  • zone 3 : à potentiel radon significatif. 

Ainsi, de nombreuses communes au sein des 31 départements jugés « prioritaires » sont à potentiel radon significatif.

carte de France de concentration de radon
Potentiel radon en France (source : IRSN)

Le diagnostic radon est-il obligatoire ?

Un diagnostic radon est obligatoire pour les ERP (établissements recevant du public) situés en zone 3. Il est également obligatoire pour les ERP situés dans les communes en zone 1 ou 2, lorsque les résultats de mesurages existants dépassent 300 Bq.m-3. Ce dépistage doit être réalisé a minima tous les 10 ans. Les ERP concernés sont les hôpitaux, les établissements scolaires, pénitentiaires, médico-sociaux et thermaux. Depuis juin 2018, les établissements d’accueil de la petite enfance ainsi que les hôpitaux de l’armée sont également concernés.

Pour les salariés exposés dans leur lieu de travail (sous-sol, mines, cavités souterraines, etc. mais également au rez de chaussée de bâtiment), une évaluation des risques doit être menée et inscrite dans le document unique de l’établissement [Code du travail, L. 4644-1].

« Concernant les établissements (hors ERP) et les logements, le mesurage radon n’est pas obligatoire. Mais il est tout de même fortement recommandé dans les régions de zone 3 » affirme Alexandra Falgon, directrice de projets chez GINGER DELEO, spécialiste de la gestion du risque radiologique.

Des diagnostics de différentes natures

On distingue plusieurs types de diagnostics. Le premier consiste à opérer des mesurages dans les locaux existants. Ces mesures sont comparées au seuil réglementaire de 300 Bq/m3 afin de déterminer si les personnels ou les habitants sont exposés.

Si les seuils sont dépassés, Sylvie Traverse, spécialiste de la qualité de l’air intérieur chez GINGER BURGEAP intervient alors pour préconiser des solutions pérennes de remédiation. Des solutions multiples et combinaisons, telles que des actions sur la ventilation, la dépressurisation des sols, le traitement de l’interface avec les sols ou l’éco-étanchéité sont étudiés avec une approche globale du bâtiment.

Pour les bâtiments existants, des diagnostics spécifiques sont réalisés pour localiser les voies de transferts, évaluer le rôle de la ventilation et identifier les actions de remédiation adaptées.

Les diagnostics dans les terrains concernent la construction d’un nouveau bâtiment sur une parcelle où il y a un potentiel radon fort. Ce diagnostic est souvent à l’origine d’une demande des aménageurs ou des constructeurs qui s’interrogent sur la possible concentration du gaz lorsque le bâtiment sera construit. 

En résumé, le radon est un gaz radioactif naturel qui peut pénétrer dans les bâtiments et qui représente un risque sanitaire potentiel. Il est essentiel de concevoir les bâtiments en intégrant le risque radon. Les vérifications en phase chantier de bonnes mises en œuvre et la réception des systèmes et équipements de ventilation sont également nécessaires. Cette démarche d’accompagnement est l’image de ce qui est préconisé par GINGER BURGEAP dans ses missions d’Assistant à Maîtrise d’Ouvrage vis-à-vis de l’enjeu QAI et confort).

Plus largement, le mesurage de concentration du radon dans les bâtiments et le diagnostic spécifique des bâtiments impactés par des professionnels permet d’anticiper ou de minimiser les risques.

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