Overview - Le blog du Groupe Ginger

Classification des pathologies du béton

Tout au long de son existence, le béton est soumis à de multiples phénomènes (climatiques, physico-chimiques, mécaniques, etc.) pouvant entraîner de potentiels désordres et dégradations impactant directement la santé des bâtiments, des infrastructures et des ouvrages. Il existe plusieurs types de pathologies dont voici ci-dessous une liste non exhaustive.

Physico-chimiques
  • Carbonatation

    Origines

    La portlantdite du ciment hydraté réagit petit à petit avec le CO2 de l’air. Cette réaction réduit donc le pH du béton de 13 à 9 environ.

    Symptômes

    Corrosion des armatures entraînant le gonflement voire l’éclatement du béton.

    Solutions (réparation et prévention)

    Utilisation de bétons peu poreux, avec un ciment composé générant peu de portlandite (ciment au laitier, aux cendres, fumée de silice, etc.).

  • Attaque par les ions chlorure

    Origines

    Les ions chlorures (présents dans l’eau de mer, l’eau des piscines traitée, certains sols et certains granulats, sels de déverglaçage) peuvent pénétrer à travers le réseau poreux du béton et provoquer l’amorce de la corrosion.

    Symptômes

    Corrosion des armatures avec présence de fissures dans le béton, réduction de la section des aciers, éclatement local du béton et apparition de rouille à la surface du béton sous forme de taches non esthétiques.

    Solutions (réparation et prévention)

    Curative : utilisation de mortier de réparation après brossage des aciers, rajout d’armatures par scellement ou soudage, etc.

    Préventive : choix d’un béton compact, d’un enrobage conforme aux règles de l’art et d’un ciment adapté, utilisation d’armatures en acier galvanisé ou en inox.

  • Alcali-réaction

    Origines

    Incompatibilité entre les granulats et le ciment : réaction de certaines formes de silice et silicates avec le milieu alcalin du ciment hydraté.

    Symptômes

    Apparitions de réseaux de fissures multidirectionnelles et gonflement Peut affecter la structure et générant d’autres pathologies.

    Solutions (réparation et prévention)

    Pas de solution curative

    Préventive : par exemple, limiter la teneur en alcalin du béton.

  • Réaction sulfatique interne (RSI)

    Origines

    Élévation de température au-delà de 65°C d’un béton à base de constituants non adaptés, traitement thermique non approprié industrie de préfabrication ou certaines conditions de fortes alcalinité, humidité et température.

    Symptômes

    Mêmes symptômes que l’alcali-réaction en termes de fissurations et déformations.

    Solutions (réparation et prévention)

    Curative : pas de retour concluant mais pour ralentir le phénomène, réduire les apports d’eau exogènes.

    Préventive : limiter la température du béton avec l’utilisation de ciments peu exothermiques, eau froide, de granulats refroidis à la glace, etc.).

  • Gel/dégel


    Origines

    Les cycles gel/dégel fragilisent le béton. Si l’eau pénètre dans le réseau de fissures et de pores du béton pour favoriser le processus (état de saturation favorable).

    Symptômes

    Fissuration interne par gonflement du béton à cœur, écaillage du béton à sa surface sous l’effet du gel avec sels de déverglaçage.

    Solutions (réparation et prévention)

    Curative : utilisation d’isolants pour éviter au béton de subir les températures inférieures à zéro.

    Préventive : utilisation de granulats non gélifs et d’entraîneurs d’air.

Mécaniques
  • Désordre structurel lié à l’action des charges supérieures aux charges de service

    Origines

    Mauvaise conception ou mise en œuvre déficiente.

    Symptômes

    Fissure de retrait, de déformation de poinçonnement, de compression, de flexion, d’effort tranchant.

    Solutions (réparation et prévention)

    Renforcement par l’ajout d’armatures, reprises en sous-œuvre.

  • Désordre structurel lié à un sinistre

    Origines

    Incendie, dégât des eaux ou catastrophe naturelle de type action du vent ou séisme.

    Symptômes

    Fissure mécaniques ou de retrait, de flexion, d’effort tranchant suite à des surcharges ou actions mécaniques supérieures à celles de la capacité portante.

    Solutions (réparation et prévention)

    Réparations possibles dans certains cas.
    En cas d’un incendie, remplacer la partie du béton altérée et renforcer par un mortier de réparation avec de la fibre polypropylène.

La meilleure protection contre ces pathologies se situe en amont de la construction, dans le choix, la qualité et la formulation des matériaux et dans leur mise en œuvre.

Vos réactions

  1. Tahar BOUGHATTAS dit :

    Bonjour,
    1/ A part la présentation des dégradations visuelles des désordres, quels matériels d’auscultation permettant de mesurer l’ampleur des dégradations internes sur un béton ?
    2/ Peut-on déterminer une fonction entre les différentes dégradations et l’âge de mise en oeuvre du béton ?
    3/ La formulation d’un béton de convenance dans un laboratoire tien-t-il compte du lieu de la mise en oeuvre ?

  2. ZANA COULIBALY dit :

    Cher(e) Monsieur/Madame,

    A la lecture du descriptif du concept « classification des pathologies du Béton », je suis fort intéressé par une étude d’Impact sur la santé des facteurs physico chimiques, mécaniques de nos concitoyens. L’avancée démographique de la ville d’Abidjan, le contexte d’économie émergente, le désir ardent des populations à ne plus revivre les difficultés du passé, l’insuffisance des ressources disponibles pour renforcer les acquis actuels nécessite de l’aide.
    Dans cette approche multidisciplinaire nous souhaiterions votre concours pour contribuer à la réalisation de cette démarche qui se veut Humaniste.

    Coulibaly Zana
    Médecin Santé Publique
    Téléphone: 00225 68307396
    Email: coulibalyzana@hotmail.com

  3. Gérard Groshenny dit :

    Remerciements pour ces informations

Réagissez aussi

Votre adresse email ne sera pas publiée